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jeudi 21 août 2008

Fallait pas demander...

J'ai l'âge que j'ai, et suis, aux yeux de la société, officiellement célibataire. Même si ceux qui me connaissent et me lisent savent bien qu'il en va différemment.

Alors quand je me retrouve dans un évènement social, style mariage (au hasard...) mais pas que, il se trouve TOUJOURS et inévitablement quelqu'un pour me demander :

- Et vous, vous êtes marié ?
- Non, je ne suis pas marié.
- Ah bon...

Alors là, toujours vaguement gêné le ou la curieuse... Il est plus tout jeune, le garçon, et plutôt pas trop mal de sa personne même si... Forcément, si à 47 balais, je ne suis toujours pas marié, c'est que j'ai un problème, je dois être un dangereux malade, j'ai sans doute tué père et mère, voire pire : si ça se trouve je n'ai même pas la télévision, et peut-être même que je trie mes déchets, et en plus que je déteste le football et les gros 4X4 qui vous vont comme une hémorroïde... Définitivement irrécupérable.

Comme je n'aime rien moins que laisser les gens dans l'embarras, je vole immédiatement au secours de l'infortuné(e) curieux(se) :

- Non, non, j'appartiens à une catégorie de la population qui a le droit de payer des impôts, mais pas de se marier...

Et alors là. Le blanc. Le trou. Le froncement de sourcil, l'incompréhension la plus totale : il existerait donc dans ce pays des gens qui auraient le droit de payer des impôts mais pas de se marier ?

Et là je les laisse mariner dans leur jus...

Parce que ce qui est très drôle avec les curieux, c'est que quand vous leur faites une telle sortie, la première réaction est de se recroqueviller comme une huître au contact d'une goutte de citron. Et pendant quelque temps, on évite des sujets plus polémiques que la météo, ou l'élection des rosières de Geneviève de Fontenay.
On s'épanche en attendant sur son couple, la vie conjugale, son désir d'enfant, ses enfants, les couches-culottes et vous avez droit le plus souvent au florilège de la grumeautique et des lieux communs de la psychologie de comptoir.

Bref vous l'avez compris, hors du couple si possible marié et avec grumeaux, point de salut. La vie vaut elle d'être vécue, existe-t-elle seulement ?

Mais la curiosité, telle l'eau qui finit toujours par arriver à la mer, est la plus forte et retrouve son chemin.

Et là vous commencez à les voir arriver, avec des circonvolutions, et des circonlocutions, revenir très tangentiellement aborder le problème.

C'est en général là qu'en mon for intérieur, je commence à me marrer, en n'en laissant rien paraître.

Parce qu'inmanquablement, je la connais la question qui va finir par arriver.

Il faut vous dire aussi que dans ce genre de réunions, comme vous êtes célibataire et pas trop moche, on vous a collé en face de la célibataire assez gironde, la Bridget Jones de service, désespérément en mal de mâle, voyant arriver la quarantaine et tourner avec inquiétude son horloge biologique sans s'être reproduite.

Et comme vous savez un petit peu causer et que vous vous prêtez avec humour et complaisance au jeu des banalités, on finit autour de vous par s'apprivoiser. On commence à papillonner de la paupière (un peu lourdement) maquillée.

L'us et parfois l'abus de la dive bouteille a fait monter le rose aux joues de la belle. Les conversations sont devenues un peu plus lestes, on a envoyé les enfants se coucher, desserré la cravate et échancré quelque peu le décolleté. On rit plus, plus fort, parfois à gorge déployée, à des blagues de plus en plus grasses...

Quelques pas de danse ont contribué à échauffer les sens des uns et des autres. J'avais d'ailleurs bien senti en à cette occasion un frottement de pubis appuyé contre ma cuisse plus que la décence ne l'y aurait autorisé. Je suis un peu allumeur, je le confesse...

Alors la biche, désinhibée, s'enhardit soudain et vous lâche en vous regardant droit dans les yeux :

- Et vous, Eric, qu'est-ce que vous regardez en premier chez une femme ?
- Son mec...

Si vous ne vouliez pas savoir, fallait pas demander...

mardi 19 août 2008

Trop d'avenirs tuent l'Avenir

L'Avenir Ensemble vient d'exploser en plein vol à quelques mois d'une échéance électorale majeure pour la Nouvelle-Calédonie.

La guerre des chefs et des luttes intestines pour le pouvoir ont eu raison de cette formation arc-en-ciel qui avait porté les espoirs de renouveau de nombreux calédoniens. Pour la première fois dans l'histoire du pays, un parti multiculturel rassemblait en son sein des personnalités de tous les horizons, balayant largement la palette des colorations politiques.

Ce parti portait en lui depuis le début les germes de sa déchéance : des egos surdimensionnés, une fédération pas tant autour d'un véritable projet commun mais d'une opposition au leader historique anti-indépendantiste.

Le véritable progrès social, économique et institutionnel dans un pays où se pratique la confusion des pouvoirs politique, économique et législatif relève de toute manière du rêve éveillé. Le protectionnisme général qui encadre les échanges de la Nouvelle-Calédonie avec le monde extérieur n'est certainement pas propice au renouvellement des cadres ni à l'assainissement des pratiques. Mais ceci est un autre débat...

Après quatre années passées à la tête de l'exécutif local, la fracture est devenue patente. Les premiers craquements se font sentir dès les législatives 2007 avec les candidatures concurrentes en Province Sud de Philippe Gomès et de Didier Leroux, division qui conduit sans coup férir à la victoire du candidat R-UMP, le premier adjoint au Maire de Nouméa Gaël Yanno devenant ainsi député de la Province Sud.
Les remous provoqués par cette défaite entraînent la chute du Gouvernement présidé par Marie-Noëlle Thémereau en juillet 2007.

Le divorce est désormais consommé, on en est au partage des petites cuillers. Et on fait ses comptes. De voix. De la scission est née une nouvelle formation menée par le tandem Gomès-Michel : Ensemble pour l'Avenir. Avec ça, soyons rassurés, aucun risque de confusion...

Les conséquences institutionnelles immédiates de la scission de l'Avenir Ensemble sont la perte de la représentation du parti en tant que groupe au Congrès, puisqu'il n'atteint désormais plus la masse critique. La constitution d'un groupe permet à une formation politique de siéger, entre autres, à la commission permanente du Congrès.
Ceci pousse d'ailleurs le clan Martin-Leroux à nouer des alliances que je n'hésiterai pas à qualifier de contre-nature, flirtant avec l'extrême-droite afin de constituer un groupe. Même si on nous assure que chacun votera en temps utile selon ses convictions et qu'il ne faut pas y voir des rapprochements électoralistes...
Côté Gomès, la représentation de groupe a été conservée au prix du sacrifice volontaire d'une élue, entraînant ainsi la modification de la composition du Congrès.

Le R-UMP, pendant ce temps, fait des gorges chaudes et se frotte les mains de cette aubaine, l'atomisation de l'Avenir Ensemble devrait leur paver un boulevard côté loyaliste pour les prochains scrutins, à moins que d'ici là de nouvelles alliances ne se fassent jour entre la tendance Gomès et les autres formations loyalistes.

Il ne faudra guère compter sur la liberté d'expression pour que les électeurs puissent se faire une opinion. L'accès à la bande FM est verrouillé, la fracture numérique est énorme (un foyer sur cinq seulement équipé d'un accès internet, et je ne parle même pas de haut débit...) et quant à la presse, sa marge de manoeuvre est très étroite, entre liberté d'expression et recettes publicitaires...

Les électeurs de l'Avenir Ensemble feront bien dans les mois à venir de se passer régulièrement une main sur le front afin de vérifier qu'il n'y pousse pas une paire de cornes...

lundi 18 août 2008

Ouf ! Il est revenu !

Ça y est, il est revenu !!! Non pas l'homme, il faudra l'attendre encore un peu :-(

Non, c'est mon chef qui est revenu de vacances, et je suis bien content. Je suis sûr que vous vous dîtes :

"- Il ne va pas bien le garçon, il a fumé c'est pas possible..."

Chez nous le chef, c'est celui qui :

- s'occupe de l'organisation du planning et des gardes, et qui autant que faire se peut doit contenter tout le monde sans mécontenter personne et faire en sorte que la boutique tourne sans dysfonctionnement qui relèverait de l'organisation. En clair ça veut dire résoudre quotidiennement ou presque la quadrature du cercle.

- organise et anime les réunions de service hebdomadaires, et se tape aussi la rédaction des compte-rendus de réunion. Ça veut dire écouter, modérer, et agir et mettre en oeuvre les décisions prises à la majorité à défaut d'être consensuelles.

- gère les rapports avec l'administration. Du genre :

"- Ah non, nous n'avons pas reçu les relevés d'activité de votre équipe depuis le début de l'année..."

Comment ça pas reçu ? On est jamais qu'au mois d'août, après tout... Ils sont élaborés mensuellement, signés par le chef et adressés par la secrétaire qui en garde, heureusement, une copie "par devers elle".

- gère un certain nombre de commandes de matériels, ou de consommables directement en rapport avec notre activité. Et là c'est souvent un peu : "Expliquez nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment faire pour vous en passer..."

- doit de temps en temps remettre quelques pendules à l'heure, et recadrer les dérapages, rappeler quelques règles élémentaires de sécurité parfois diluées dans une activité quotidienne souvent intense, génératrice de stress.
Du genre : les robinets de gaz médicaux ont été trouvés ouverts dans certaines salles... D'où gaspillage et pollution...
Ou du genre : laisser en permanence l'accès libre au matériel d'urgence. C'est vrai qu'il ne sert que très rarement, et heureusement, car beaucoup du travail se fait en amont, en préventif. Mais parfois ça devient critique, et là on n'a pas forcément du temps à perdre pour exhumer le chariot d'urgence qui sert de bureau, dont l'accès est entravé par les effets personnels des patients qu'on a posé dessus sans trop y penser et j'en passe...
Identifier les responsables et leur tirer l'oreille directement vous pouvez toujours vous brosser... : "C'est pas moi, je sais pas, j'étais pas là, je suis pas au courant, ah bon vous êtes sûr qu'on a fait ça ?" Ben prends moi pour une bille aussi. Et rester diplomate et pédagogue car c'est le meilleur moyen de se faire comprendre et d'atteindre son objectif.

- respecte la voie hiérarchique dans les deux sens pour surtout ne froisser aucune susceptibilité... Très important, ça ! Une vexation et vous êtes parti pour des semaines voire des mois de guerre du sparadrap (c'est l'équivalent hospitalier de la guerre de tranchée pour vous donner une idée)... Parce qu'en plus, dans ces cas là, on cause, on s'épanche, on fédère autour de soi. Et vous n'imaginez pas le zèle qu'on peut alors déployer dans ces moments là pour être irréprochable et accessoirement vous pourrir la vie...

Enfin, le chef est revenu et je suis bien content.

Parce que pendant son absence, j'étais chef à la place du chef. Et vous savez quoi ? Je crois que je ne m'en suis pas trop mal tiré. Enfin ça c'est surtout les autres qui peuvent le dire.

Mais je pense que la prochaine fois, j'aurai piscine... Hein François ?

samedi 16 août 2008

Résolutions, marketing ou comment prendre un coup de djeun

L'accroissement de 5% de ma masse corporelle au cours des huit derniers mois est un cas de divorce pour ma douce moitié. Il faut dire que mon IMC a atteint le seuil critique de 24.33, c'est-à-dire à 0.67 point de la surcharge pondérale. Il ne s'est d'ailleurs pas gêné pour me demander sarcastiquement via webcam il y a quelques jours :

"- Dis moi, tu es enceint de combien de mois ?"

Alors dans ce cas que fait-on ?

Premièrement, on avale sa salive et on ravale sa fierté.

Deuxièmement, on jette un coup d'oeil dans le miroir.

Vous avez déjà remarqué à quel point ce n'est pas complaisant un miroir ? Ça ne raconte pas forcément les choses que l'on a envie d'entendre. Mon pèse-personne me racontait déjà quelque chose d'approchant, mais j'ai la surdité sélective...

Mais là, trois avis convergents, et non des moindres... Il a bien fallu se rendre à l'évidence : mon vieux tu files un mauvais coton...

Il faut dire que la consommation régulière de 2 à 4 nems trois fois par semaine, et autres nourritures hautement addictives du genre pâte à tartiner aux noisettes (je ne peux pas dire le nom, rien que ça c'est déjà toxique...), confiture de papaye verte, achards de toutes sortes... Brisons là, je me fait du mal.

Diagnostic fait, objectif à atteindre : rendre leur galbe et leur fermeté à ces abdominaux et à ce fessier dont on me dit (lui aussi) qu'il présente quelques attraits...

Ma grand-mère ne disait-elle pas : "Les hommes on les attrape par la queue et on les garde par la bouche...".

Certes, mais je ne voudrais pas perdre la première pour avoir trop gâté la seconde.

Troisièmement, on achète un cadenas pour la porte du frigo. Et une pince coupante pour le faire sauter en cas d'urgence.

Quatrièmement, on appelle son meilleur pote pour aller courir et brûler quelques kilocalories. Ce qui fut fait et débuté. L'objectif est d'y aller trois fois par semaine.

Cinquièmement, on file s'inscrire à la salle de sport la plus proche. Et là je dois dire, du grand marketing. Accueil personnalisé. Très personnalisé par une femme encore jeune et tout en sourire. Vous allez comprendre.

Je demande quelques renseignements sur les tarifs, et là on m'invite immédiatement à passer à l'espace commercial. C'est à dire une petite table de bistro avec deux chaises à côté d'un vrai palmier (tout de même), et on m'offre un café, potable. La femme encore jeune et tout en sourire...

elle a gardé le même sourire pendant la demi heure qu'ont duré l'entretien et la visite, comment fait-elle ? Moi après 27 ans passés à Paris, je n'arrive pas à sourire plus d'une demi-seconde. Elle doit être surmenée en fin de journée. A moins que ce ne soit le botox son truc. Possible, sur le moment je n'y avais pas pensé...

La femme encore jeune et tout en sourire, donc me fait remplir un questionnaire de coaching : moi, ma vie, mon oeuvre, mon contexte socio-familio-culturo-professionnel. Et je comprends immédiatement que je vais désormais appartenir à une sorte de grande famille. Le questionnaire me tutoie, et la femme encore jeune et tout en sourire se calque sur le questionnaire où un rapide coup d'oeil lui avait déjà appris mon prénom. J'ai alors une réaction de recul perceptible, et je vois un sourcil interrogateur se dessiner sur son front. Je la rassure rapidement en lui faisant comprendre gentiment que le tutoiement, je ne suis pas fanatique, peut-être quand on se connaîtra mieux, mais que là c'est encore un peu jeune.

Je veux bien coucher le premier soir, mais tutoyer pas forcément. Je mets ça sur le compte de mon allure encore juvénile (hum hum), mais je comprends assez vite qu'il s'agit d'une culture d'entreprise à chaque membre du personnel que je croise. De recadrage courtois en recadrage courtois, nous poursuivons par la visite de la salle, objectivement très bien équipée en matériel dernier cri, avec les profs qui vont bien, le coaching personnalisé, enfin ça c'est surtout dans le contrat, parce qu'en pratique, je n'ai pas encore eu droit à l'assistance d'un moniteur : pas disponible avant plusieurs jours. Oui monsieur, il faut prendre rendez-vous...

Question marketing, elle est rôdée, la femme encore jeune et tout en sourire, elle aurait presque pu me vendre la Tour Eiffel... Elle a bien perçu le désarroi conjugal dans lequel m'ont plongé mes petits bourrelets et a su en tirer le meilleur parti. Commercial s'entend.

De toute façon, j'étais résolu à m'inscrire, ce que j'ai fait.

Je ne sais pas si j'ai perdu un gramme, mais déjà 750 €, et du coup je me sens beaucoup mieux.

Mise à jour 17/8/2008

Après en avoir discuté avec quelques collègues qui ont lu le billet et testé quelques salles de sport dont celle-ci.
Même accueil avec tutoiement de rigueur. Pas de plaquette de tarifs disponible. Vous voulez juste quelques renseignements sur les abonnements, et vous vous retrouvez illico sous le palmier en tête-à-tête avec le sourire UltraBrite à remplir le fameux questionnaire djeunz yo !
On vous propose d'emblée le forfait le plus avantageux (pour eux...) c'est-à-dire engagement d'un an. Le contrat vous oblige à verser 50% du solde restant en cas de résiliation. Un mois à l'essai ? Oh nous sommes désolés monsieur, cette classe tarifaire n'est pas disponible en ce moment pour des raisons informatiques. Pardon ? Mais en contrepartie (contrepartie, mon c**) nous vous offrons gracieusement les frais de dossiers de 65 €. Frais de dossier ? Pour remplir quelques champs dans un formulaire informatique et éditer une carte en plastique grande comme un timbre-poste revêtue d'un code-barre PERSONNEL ? Mazette... En cadeau de bienvenue on vous offre un petit sac-à-dos pour vos effets, une gourde (au cas où vous n'auriez pas déjà compris...) , une petite serviette pour éponger vos coucougnettes et une paire d'écouteurs, le tout siglé du logo de la salle histoire de vous déguiser en enseigne publicitaire gratuite. J'avais l'impression d'avoir gagné le lot de consolation à la Roue de la Fortune. Merci Philippe.

mercredi 13 août 2008

Une petite mousse ?

presents

Friday, August 15th

“Fresh Beer”

Comme le dit une pub pour une célèbre bière belge :

"Mannen weten waarom..." *

*"Les hommes savent pourquoi..."

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